Top

La suite. En Malaisie. Par ici
Vendredi 17 juin 2005
Hier soir, le CCCL (Centre de Coopération Culturelle et Linguistique, ambassade de France) organisait un "battle" hiphop avec des danseurs lao et sous la coupe de Gabin Nuissier, le lascar le plus classe du milieu très kitch de la danse hiphop (vous savez, ces gens qui tournent sur la tête et font du ciseau comme les gymnastes roumains). Ca se passe au "Palais National de la Culture Lao", ou "Cultural Hall". Bref, dans ma rue. Comme il s'agit de la salle la plus classe de la ville, que c'est gratuit et surtout que c'est ce qui ressemble le plus à un divertissement "in" ("dedans" quoi) pour les locaux, la salle est bondée de jeunes ados lao surexcités par un mauvais DJ qui s'énerve à scratcher que même Babeth elle scratcherait plus à propos.
Toujours est-il que le spectacle se décompte en 3 parties (la 3e étant une surprise) : contest chorégraphique, avec plusieurs équipes, battle (les mêmes équipes, qui s'affrontent un à un en impro freestyle machin bidule) et enfin chorégraphie avec un peu tout le monde, mise en place par Gabin Nuissier, également chorégraphe de la troupe Aktuel Force qui sévit depuis une grosse dizaine d'années déjà.
L'attraction du contest chorégraphique est sans conteste l'équipe qui comporte un gosse minuscule. Toutes les équipes semblent avoir des moyennes d'âge de 16 ans, mais celle là a une spécificité notable, en la personne d'un tout petit gamin, de peut-être 6 ou 7 ans au maximum, qui envoie des pirouettes et des équilibres de break dance comme un grand. Au début de la chorégraphie de son équipe, il crée déjà la sensation en suivant les mouvements des gars autour qui font deux fois sa taille, et quand vient sa partie d'impro la salle explose et sacrifie mes tympans. C'est flou mais ça ressemble à ça :

Le battle réserve quelques bonnes surprises question accrobaties, et je dois avouer que certains jeunes sont vraiment bluffant (tourner sur la tête, sautiller sur une main, courrir en avant et enchainer un backflip renversé, glisser sur la tête après une course d'élan...)
Ca envoie pas mal et si le DJ arrêtait un peu de nous casser les oreilles à scratcher de travers pendant toute la durée du battle c'eut été chouette. Mais la compétition s'éternise, les temps morts se font de plus en plus nombreux et finalement les gens commencent à quitter... Pourtant la dernière partie du spectacle était de loin la meilleure : la chorégraphie du patron, avec tous les jeunes qui ont le niveau (soit beaucoup plus de la moitié), qui font un show d'un quart d'heure vraiment très propre, spectaculaire, divertissant et même renversant. On y retrouve les freestyles du gosse, de plusieurs des meilleurs freestylers de la soirée et aussi du "maître".
Par François - Publié dans : Tranche de vie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 15 juin 2005
Parmi vous, ceux qui n'ont jamais mis les pieds au Laos s'en font, comme moi il y a trois semaines, une idée à la fois proche de la réalité (comparée à l'Europe par exemple), et très éloignée (plus proche de ce que doivent être le Vietnam ou les coins ruraux de Thailande, encore que je n'y ai jamais mis les pieds).
Aussi pour préciser votre sentiment, quelques illustrations. J'ai tout d'abord parlé des routes, et peu d'entre-vous imagine ce dont il s'agit. On peut classer les rues (en centre ville) en trois catégories :

La rue propre, qui quoique vous en pensiez, est effectivement propre. Pour vous la décrire quand il pleut : grandes flaques sur les bords, sur toute la longueur de la rue (ou presque, de sorte que les rues transversales lui sont reliées par un gué (dont le passage justifie la possession quasi-systématique, pour ceux qui ont une voiture, d'un modèle 4 roues motrices sur-élevé)

La rue très propre, qui se sent très seule dans la capitale Lao. Mais que le visiteur potentiel se rassure, elle était il y a un an encore dans la catégorie "normal-moins". Ce qui laisse à penser que les très nombreuses rues en travaux de Vientiane (80% des rues en ce moment) vont toutes grimper au moins d'une catégorie. Les investissement étrangers sont les bienvenus.

La rue standard, qui reflète encore le modèle de développement du pays. Au bout de cette rue, en effet, la fameuse Nam Phu, place du centre ville (place du village direz-vous en arrivant), haut-lieu de l'activité citadine. Et je sais de quoi je parle, je vis à 300m. Ma rue est un peu comme ça, un peut comme la premiere. Comme dirait Béber : "à t'entendre c'est le Nigéria". Jugez par vous-mêmes.
Notons également que le trottoir praticable est une option assez peu souscrite dans le centre, dans les faubourgs le trottoir manque tout simplement.
Les transports se font en tuk-tuk, et plus rarement en bus, même si la ville possède un réseau urbain. Le réseau inter-urbain est par contre très développé, du fait que le chemin de fer n'est pas encore arrivé jusqu'à nous, ou alors trop épisodiquement pour profiter à la population. Le tuk-tuk est un taxi-mobylette à trois roues avec une caisse couverte, dans laquelle on peut entasser jusqu'à environ 82 personnes en poussant bien, ou 4 à 5 touristes. J'en ai même croisé un qui transportait une vache morte. Un bus inter-urbain, c'est ca :


Les administrations sont en général installées dans les bâtiments les plus propres de la ville (hôtels de luxe mis à part, puisque représentant un "gap" de luxe que les premiers n'ont pas franchi). Qu'il s'agisse d'entreprises (privées, JV, etc) ou d'institutions d'état, cela ressemble à ça :

Le ministère des finances, ou du moins l'un des bâtiments (le plus classe, j'en ai rencontré deux) qui porte ce nom. des fenêtres ? Pas forcément.

Lao Telecom Service Office (Joint-venture entre l'état et je ne sais plus quelle boîte (étrangère, puisque JV, tu suis ou quoi ?). Petit, confortable, fonctionnel.

Par Francois - Publié dans : Countryside
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 13 juin 2005
Le Laos, il faut le savoir, c'est la brousse. Je crois que de ce coté je vous ai deja informé. Dans le travail ça peut s'avérer un poil agaçant. Situation : les achats, ça marche par saison. Je ne sais pas exactement combien de temps ça dure mais je dirais dans les deux/trois mois. En gros les paysans ramène les feuilles, on les pèse, les échantillonne, les teste, puis on les étiquète et on les entre dans le stock. Seulement, la base de donnée est stockée sur un serveur (théoriquement pour permettre les sauvegardes quotidiennes, je dis bien théoriquement et c'est d'ailleurs là le drame comme vous le verrez), et le lien entre la machine qui gère les saisies et le serveur est tributaire de répétiteurs (à cause de la distance). Un répétiteur, ça s'alimente. Sauf quand on doit changer une ampoule. Du coup, il se peut que le courant soit coupé, que le réseau tombe, que les achats s'arrêtent, que la base de donnée qui a été mal fermée (en plein milieu d'un enregistrement, mais que voulez-vous y'a plus de réseau) et qu'elle soit corrompue.
Qu'importe, c'est pas si grave ils n'ont rentré que 13 balles de feuilles avant la coupure, on a des sauvegardes quotidiennes... ah bon on a pas des sauvegardes quotidiennes ? Ben alors pourquoi on travail sur le serveur (rappel : la panne réseau est la cause du crash de la base) ?
Ben c'est une excellente question, figurez-vous. Pour le coup la base est vraiment plantée de chez plantée, et la seule personne qui en a une sauvegarde récente est absente toute la semaine. Les mecs qui ont développé l'appli vont donc venir demain essayer de nous la dépanner. La dépanner ? Demain ? OK !
NON PAS OK ! Figurez-vous qu'au Laos, y'a des gens dans l'entreprise qui lisent le journal l'après midi. Ca les occupe. Et ça a du bon, quand dans le journal il est précisé que demain il n'y aura pas de courant de la journée dans notre quartier, pour installer je ne sais quelle décoration en vue de l'ASEAN Summit de juillet... Pas de courant... Pas de machines, pas de réseau, pas d'ordi, pas de production, pas de lumière, pas de clim, pas de café...

By the way, my office !


Et les papiers ça fait sérieux !!
Autre plan...

Par Francois - Publié dans : Au boulot !
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 12 juin 2005

Dimanche midi, c'est resto avec mon patron. Comme il le dit si bien quand je le remercie de son invitation, "le dimanche c'est une tradition, c'est journee famille, aussi c'est normal de t'accueillir a notre table." Ben merde, ca c'est du patron classe. Le programme : resto italien, sur Nam Phu (la place du centre ville, que vous pouvez voir sur l'album "premiers symptomes"). Le patron, Pino, est un ami. Le resto est tres classe, dans le salon VIP la femme du president de la RDP Lao est atablee en famille.

Mon menu : salade et lotte aux pates (un regal). Puis glace maison, le tout arrose d'un petit vin blanc de derriere les fagots, on est assez loin du supplice ! Les conversations a table vont bon train et le patron ne manque pas une occasion de nous rejoindre pour papoter. Le tout est tres agreable. J'en profite donc, apprends un maximum de choses et rentre digerer devant mon "Lao for beginners". Et maintenant, Sieste ? Promenade ?

Par Francois - Publié dans : Tranche de vie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 12 juin 2005

Samedi matin, et pourtant le reveil sonne, 6h30 comme tous les jours. Hein ? Mais on est samedi ! Tais-toi, reveil.
D'ailleurs, pourquoi sonne-t-il ? Quelques instants de panique et de contrariete intense, puis la memoire me revient : Guido vient a 7h30, on a foot, coup d'envoi a 8h, prod contre logistique.
Coup d'envoi a huit heures, ca veut dire que les premiers lao arrivent vers 8h30, les derniers vers 9h30 et qu'on commence le match a 9h. Le seul probleme, c'est que ca me laisse beaucoup de temps pour m'echauffer, et que quand il fait 30 degres (oui, a 8h, ou est le probleme ? Ca sera pire pendant le match) je suis vite mort.
De toute facon comme dirait guido, le lao dose mal son effort, et pique des points quand c'est pas vraiment la peine, et quand ca le devient il est cuit aussi (moi je suis cuit depuis le coup d'envoi de toute facon). Bref. 1er but de la prod (c'est nous), second but de guido (encore nous), puis but de la logistique. Cheerleaders et tout le tintouin, c'est assez marrant.
Finalement victoire de la prod, avec en seconde periode un magnifique slalom de Soulynha qui vient mettre une petite piquee au fond. 3 - 1 score final, mais au Laos il n'y a pas vraiment de vainqueur ou de vaincu, tout ce partage y compris la 3e mi-temps : laissons le terrain au club de rugby (tiens, plein de francais envahissent le terrain) et nous, nous gagnons une terrasse a quelques kilometres pour manger ensemble et prendre quelques bieres.

Il est 10h30 quand nous nous installons a 28 dans cette echoppe qui se reveille a peine, dans les enceintes resonnent quelques tubes thai a la mode que reprennent en coeur les footeux, puis quand viennent les grands classiques (Scorpions, Linkin Park, etc) tout le monde chante a tue-tete. La beerlao coule a flots. On mange, on trinque et les yeux sont tout petits quand Guido et moi quittons les rangs. Il faut le savoir, le lao remplit un verre vide, et il faut rester vigilant, ils encouragent a vider votre verre tandis qu'ils enchainent le leur, mais le lao est fourbe et son verre est coupe a l'eau ou avec des glacons. Pour eux la fete ne fait que commencer mais Gudo doit aller bosser et il me ramene a l'hotel. Il est 12h30.

Par Francois - Publié dans : Tranche de vie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Lyrics

Laos. Souvenirs de juillet.

Recherche

W3C

  • Flux RSS des articles

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus